« Priests too », c’est le titre d’un texte publié par David Neuhaus, jésuite installé à Jérusalem, dont les lecteurs et lectrices du Cri ont grandement apprécié l’interview dans notre numéro de mai. Sur son blog, en juin, il se réjouit : « Les étudiants, les travailleurs, les universitaires, les artistes et bien d’autres ont commencé à protester activement contre les politiques et les actions israéliennes en Palestine : le génocide à Gaza, le nettoyage ethnique dans toute la Palestine, l’occupation en cours et la discrimination endémique. » Et voilà que les prêtres aussi s’y mettent, se félicite David, en citant l’initiative mondiale Priests Against Genocide, née en Italie en août 2025 en réponse à une lettre envoyée par une religieuse du Moyen-Orient. Comme David Neuhaus, citons-la longuement.
« Nous devons croire que chaque acte de vérité, chaque prière publique, chaque appel sincère peut briser l’engourdissement, éveiller les consciences — et peut-être même déplacer ceux qui sont au pouvoir. Nous ne pouvons pas nous abandonner à la logique de l’impuissance. Nous ne pouvons pas rester silencieux. […] Il n’y a pas de neutralité face au génocide. Soit on est complice, soit on choisit la vérité. Et aujourd’hui, la vérité crie depuis les décombres de Gaza. […] L’Église n’est pas seulement une autre organisation, ni une institution neutre : c’est le corps du Christ. Et donc, il est peut-être temps de placer nos corps aux côtés du corps crucifié de l’humanité. »
Un an plus tard, plus de 2 500 prêtres de 67 pays ont rejoint l’initiative, dont 51 en France. Le 22 septembre, une centaine d’entre eux ont prévu de se retrouver à Rome pour une journée « de partage, de prière et de témoignage public sur la violence croissante en Palestine et le génocide en cours à Gaza ». Ils déambulent dans les rues avec une banderole affichant les noms des 300 enfants palestiniens et libanais tués depuis les deux prétendus cessez-le-feu.
De manière significative, des prêtres africains ont rejoint cet été le mouvement. Leur dénonciation du génocide en cours s’appuie sur l’expérience historique des pays de plusieurs d’entre eux, traversés par des dynamiques similaires dans les dernières décennies.
En amont de son événement à Rome, le réseau a partagé cette prière : « Nous demandons au Seigneur le courage pour nos représentants politiques de ne pas céder aux compromis, la force de défendre toute vie humaine, la sagesse de construire une paix fondée sur la justice et la vérité. »





