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Le Cri, le média Chrétien, radical et joyeux

Joie pure : l’édito du n°3

Dans ce troisième numéro, nous avons voulu vous parler de la prison, mais aussi de la joie.

Publié le 16 janvier 2026

À l’occasion du jubilé des détenus, les évêques de France ont publié un texte remarquable. « Le “tout-carcéral” est une impasse. Il existe d’autres manières de sanctionner en respectant vraiment la dignité des personnes tout en permettant un changement de comportement », ont-ils affirmé, avant d’aller chacun célébrer la messe en prison, le dimanche 14 décembre. Comme une Église qui, soudain, malgré la tendance au repli sur soi, se rappelle sa vocation millénaire : être là où personne ne va, auprès de ceux que tout le monde voudrait bien oublier.

Ces prisonniers que l’on voudrait bien oublier, nous leur avons donné une place de choix dans ce numéro. Ils témoignent des conditions de détention indignes, des traitements inhumains qu’on leur inflige, de leurs difficultés à se réinsérer. Des femmes racontent aussi les discriminations supplémentaires qu’elles subissent derrière les barreaux. « Pourquoi une telle obsession carcérale ? » vous demanderez-vous, comme les évêques, en parcourant ces pages. Travaillé par la question, Le Cri a cherché des réponses de l’autre côté des Alpes, puis auprès d’un sociologue et d’un théologien. Car les alternatives existent bel et bien, comme le montre Cécile Massin dans son reportage dans l’une des rares fermes ouvertes aux détenus en fin de peine. « Pour la première fois depuis très longtemps, j’ai respiré vraiment », y témoigne Paco.

Prendre une grande respiration et laisser, un petit coup, un sourire se dessiner sur nos lèvres, un rire surgir de nos gosiers. Dans ce numéro de janvier, on a aussi voulu vous parler de la joie. On avait fait les malins à l’afficher dans notre slogan, et il fallait bien qu’on vous montre un peu ce qu’on entendait par là. Plutôt que des grands discours – vous l’avez compris, ce n’est pas notre tasse de thé –, on a demandé à neuf personnes de nous raconter un moment de joie qui a jalonné leur parcours, leur vie, leur lutte.

La joie est communicative, c’est connu, mais elle est surtout révolutionnaire. Simone Weil ne s’y est pas trompée, lorsqu’elle l’a expérimentée en 1936 à l’occasion des grandes grèves du Front populaire. « Il s’agit, écrit-elle, après avoir toujours plié, tout subi, tout encaissé en silence pendant des mois et des années, d’oser enfin se redresser. Se tenir debout. Cette grève est en elle-même une joie. Une joie pure. Une joie sans mélange. »

Théo Moy

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